samedi 31 janvier 2026

Vente de la "pépite" française de défense LMB Aerospace à une société américaine

Décision “suicidaire” et “grande braderie” de la souveraineté française, ou “examen exhaustif” accompagné de conditions “extrêmement strictes”? 

LMB “a un savoir-faire de niche dans un domaine qui est important” mais "n'est pas une entreprise stratégique", nuançait jeudi sur franceinfo Guillaume Ancel, ancien officier supérieur de l'armée de terre et spécialiste de Défense. "LMB construit des composants de rang 2 qui vont être intégrés par un autre fabricant", des ventilateurs "pour refroidir des systèmes électroniques", et représente "moins de 10% du petit marché des ventilateurs militarisés", décrit le spécialiste Défense, qui rappelle également que LMB "a appartenu à une société américaine jusqu'en 2012". 

ETUDE & ANALYSE 

La vente de LMB Aerospace (Larcher-Mougin-Bardou), spécialiste français des ventilateurs électriques équipant des matériels militaires stratégiques (Rafale, sous-marins nucléaires, hélicoptères Tigre, char Leclerc, porte-avions Charles de Gaulle), à un groupe américain (Loar Group) suscite une vive polémique en France. Voici les raisons et les préjudices identifiés pour la défense militaire française : 

Raisons de la vente

Opportunité financière : Le fonds Tikehau Capital, propriétaire de LMB, a réalisé une opération jugée juteuse, avec un bénéfice important. Ce fonds avait par ailleurs bénéficié de 150 millions d’euros d’argent public pendant la pandémie de Covid, ce qui ajoute à la controverse. 

Garanties gouvernementales : Le gouvernement français a autorisé la vente sous conditions strictes, notamment la conservation d’une “golden share” (action préférentielle) permettant à l’État de bloquer toute décision stratégique et de maintenir la production en France. L’État assure que les capacités industrielles et technologiques resteront en France et que la souveraineté sera préservé. 

Préjudices pour la défense militaire française

Perte de souveraineté industrielle et technologique : LMB fabrique des composants critiques pour les équipements militaires français. La vente à un acteur étranger, surtout américain, soulève des craintes de dépendance vis-à-vis de Washington pour l’exportation ou l’utilisation de ces équipements (ex. : impossibilité de vendre des Rafale sans l’aval des États-Unis). 

Risque de transfert de technologie : Même avec une “golden share”, certains experts et responsables politiques craignent que cette vente ne facilite le transfert de savoir-faire stratégique vers les États-Unis, affaiblissant la position française. 

Contexte géopolitique : Cette vente s’inscrit dans un contexte où les États-Unis cherchent à renforcer leur influence sur l’industrie européenne de défense, ce qui est perçu comme une menace pour l’autonomie stratégique de la France. 

Réactions politiques

La classe politique, de gauche à droite, dénonce une “braderie” de la souveraineté française, contraire aux objectifs de réarmement et de protection des entreprises stratégiques. 

En résumé, si le gouvernement met en avant des garanties pour limiter les risques, la vente de LMB Aerospace est perçue comme un affaiblissement de l’indépendance technologique et industrielle de la France dans un secteur clé : la défense.

Les garanties apportées par l’État français dans le cadre de la vente de LMB Aerospace, ainsi que les alternatives envisagées pour protéger d’autres entreprises stratégiques :

Garanties de l’État pour LMB Aerospace

Golden Share : L’État s’est attribué une “golden share” (action préférentielle) dans le capital de LMB, lui donnant un droit de veto sur toute décision stratégique contraire aux intérêts français. Cela permet de bloquer, par exemple, un transfert de technologie ou une délocalisation de la production. 

Maintien de la production en France : Le gouvernement a imposé que la production reste en Corrèze, sans délocalisation, et que les contrats stratégiques avec les entreprises militaires françaises soient respectés sans limite de durée. 

Modernisation des capacités industrielles : L’investisseur américain doit moderniser les capacités industrielles de LMB en France, afin de garantir la pérennité des activités stratégiques. 

Contrôle renforcé : L’État assure un suivi rapproché et des sanctions sévères en cas de manquement aux conditions imposées. 

Alternatives pour protéger d’autres entreprises stratégiques

Procédure d’autorisation préalable d’investissement étranger (IEF) : Tout investissement étranger dans un secteur stratégique (défense, cybersécurité, semi-conducteurs, IA, etc.) est soumis à un contrôle strict du ministère de l’Économie. L’État peut bloquer une vente si elle menace la souveraineté nationale, comme ce fut le cas pour Photonis (vision nocturne) ou Carrefour (sécurité alimentaire). 

Utilisation systématique de la “golden share” : L’État détient déjà des actions préférentielles dans 13 entreprises stratégiques (Airbus, ArianeGroup, Exxelia, etc.) et peut étendre ce dispositif à d’autres entreprises sensibles. 

Renforcement des critères de protection : Le gouvernement peut durcir les conditions d’autorisation pour les secteurs jugés critiques, en exigeant des engagements plus forts sur la localisation de la production, la protection des technologies et la gouvernance. 

En résumé, l’État mise sur un contrôle renforcé et des garanties juridiques pour limiter les risques, mais la polémique persiste sur l’efficacité réelle de ces mesures face à la pression des investisseurs étrangers.

La vente de LMB Aerospace à un groupe américain soulève plusieurs risques majeurs pour l’indépendance militaire et la souveraineté de défense de la France :

1. Dépendance technologique et industrielle

LMB Aerospace fabrique des ventilateurs électriques et des systèmes de refroidissement critiques pour des équipements militaires stratégiques (Rafale, sous-marins nucléaires, char Leclerc, porte-avions Charles de Gaulle). Une dépendance vis-à-vis d’un acteur étranger, surtout américain, pourrait : 

Limiter l’autonomie décisionnelle : La France pourrait devoir obtenir l’accord des États-Unis pour exporter ou utiliser certains équipements, notamment si des composants ou technologies sont considérés comme sensibles par Washington. 

Risque de restriction d’accès : En cas de tensions géopolitiques, les États-Unis pourraient restreindre l’accès à des technologies ou pièces détachées, comme cela a déjà été observé dans d’autres secteurs (ex. : semi-conducteurs, logiciels). 

2. Transfert de savoir-faire et perte de maîtrise technologique

Même avec une “golden share”, certains experts craignent un transfert progressif de technologies vers les États-Unis, affaiblissant la capacité française à innover et à maintenir son avance dans des domaines critiques. 

La perte de maîtrise sur des composants clés pourrait, à terme, réduire la capacité de la France à concevoir et produire ses propres systèmes d’armes sans dépendre de fournisseurs étrangers.

3. Affaiblissement de la chaîne d’approvisionnement nationale

LMB est un maillon important de la filière française de défense. Son passage sous contrôle étranger pourrait fragmenter la chaîne d’approvisionnement, rendre la France vulnérable aux décisions d’un actionnaire étranger, et compliquer la coordination entre les acteurs nationaux (Dassault, Naval Group, etc.). 

4. Risque géopolitique et alignement stratégique forcé

Les États-Unis ont une politique de contrôle strict des exportations d’armes et de technologies sensibles (ITAR, EAR). La présence d’un composant ou d’une technologie américaine dans un équipement français pourrait imposer à la France des restrictions sur ses ventes à l’export, notamment vers des pays tiers non alignés avec Washington. 

Cela pourrait aussi limiter la liberté de manœuvre diplomatique et militaire de la France, notamment dans ses partenariats avec des pays comme l’Inde, le Brésil ou des États du Moyen-Orient.

5. Précédents et signal négatif pour l’industrie française

Cette vente envoie un signal inquiétant aux autres entreprises stratégiques françaises, qui pourraient devenir des cibles pour des rachats étrangers, affaiblissant encore le tissu industriel national dans la défense. 

Elle pourrait aussi décourager les investissements publics et privés dans des secteurs jugés trop exposés aux pressions étrangères.

En résumé : La perte de contrôle sur LMB Aerospace, même encadrée, crée un précédent et expose la France à des risques de dépendance, de perte de souveraineté technologique et de restrictions géopolitiques. Ces enjeux sont d’autant plus critiques dans un contexte de réarmement européen et de tensions internationales accrues.

Voici des exemples concrets de cas similaires en France et en Europe où des rachats ou des tentatives de rachat d’entreprises stratégiques par des acteurs étrangers ont soulevé des questions de souveraineté, notamment dans les secteurs de la défense, de l’énergie et des technologies :

En France

1. Photonis (2020)

Secteur : Vision nocturne (équipements militaires et civils).

Acquéreur : Teledyne Technologies (États-Unis).

Réaction de l’État : Le gouvernement français a bloqué la vente en invoquant la protection des intérêts stratégiques nationaux. Photonis fournit des technologies critiques pour les forces armées françaises et européennes. 

2. Carrefour (2021)

Secteur : Grande distribution (sécurité alimentaire).

Acquéreur : Couche-Tard (Canada).

Réaction de l’État : Le gouvernement a opposé son veto, arguant que la sécurité alimentaire est un enjeu stratégique, surtout en période de crise.

3. STX France (2017)

Secteur : Construction navale (chantiers de Saint-Nazaire).

Acquéreur : Fincantieri (Italie).

Réaction de l’État : La France a temporairement nationalisé les chantiers pour éviter une perte de souveraineté industrielle, avant de négocier un accord garantissant le maintien de l’emploi et des compétences en France.

4. Atos (2023-2024)

Secteur : Cybersécurité et cloud souverain.

Contexte : Crise financière et risques de rachat par des fonds étrangers.

Réaction de l’État : L’État français a soutenu un plan de sauvetage pour éviter une prise de contrôle étrangère, en insistant sur la nécessité de préserver les activités stratégiques (ex. : Bull, Evidian).

En Europe

1. KUKA (Allemagne, 2016)

Secteur : Robotique industrielle (utilisée dans la défense et l’aérospatial).

Acquéreur : Midea (Chine).

Réaction : Malgré des inquiétudes sur le transfert de technologies sensibles, le gouvernement allemand a autorisé la vente, mais sous conditions strictes de maintien des emplois et des activités en Allemagne. Ce cas a marqué un tournant dans la prise de conscience européenne des risques liés aux investissements chinois dans les technologies critiques.

2. AIXTRON (Allemagne, 2016)

Secteur : Équipements pour semi-conducteurs.

Acquéreur : Fujian Grand Chip (Chine).

Réaction : Le gouvernement allemand, sous pression des États-Unis, a bloqué la vente en raison des risques pour la sécurité nationale et la souveraineté technologique.

3. Pirelli (Italie, 2015-2017)

Secteur : Pneumatiques (dont pour véhicules militaires).

Acquéreur : ChemChina (Chine).

Réaction : La vente a été autorisée, mais avec des garanties sur le maintien des activités en Italie. Ce cas a suscité des débats sur la perte de contrôle européen dans des secteurs industriels clés.

4. Nokia (Finlande, années 2010)

Secteur : Télécommunications (5G, infrastructures critiques).

Contexte : Nokia a perdu des parts de marché face à Huawei et Ericsson, en partie en raison de rachats et de restructurations.

Réaction : L’Union européenne a renforcé ses règles sur les investissements étrangers dans les infrastructures critiques, notamment via le règlement européen sur le contrôle des investissements directs étrangers (2019).

5. Airbus (multi-pays, années 2000-2020)

Secteur : Aéronautique et défense.

Contexte : Plusieurs tentatives de rachat ou de partenariats avec des acteurs non-européens (ex. : discussions avec des fonds américains ou chinois).

Réaction : Les États membres de l’UE (France, Allemagne, Espagne) ont maintenu un contrôle strict via des actions préférentielles et des règles de gouvernance pour éviter toute perte de souveraineté.

Analyse des tendances : 

France : L’État utilise systématiquement des outils comme la “golden share”, le veto ou la nationalisation temporaire pour protéger ses entreprises stratégiques, surtout dans la défense et l’énergie.

Allemagne : Initialement plus ouverte, l’Allemagne a durci sa position après des cas comme KUKA ou AIXTRON, en adoptant des lois plus strictes sur les investissements étrangers.

UE : Le règlement européen de 2019 sur le contrôle des investissements étrangers permet désormais aux États membres de coopérer pour bloquer des rachats jugés dangereux pour la sécurité collective.

Conclusion : Ces exemples montrent que la France et l’Europe sont de plus en plus vigilantes, mais les équilibres entre ouverture économique et protection de la souveraineté restent fragiles. La tendance est à un renforcement des outils de contrôle (golden shares, veto, nationalisations temporaires) et à une coordination européenne pour limiter les risques.

La France n’a pas bloqué la vente de LMB Aerospace au groupe américain Loar Group pour plusieurs raisons, malgré les inquiétudes soulevées :

1. Garanties strictes imposées par l’État

L’État français a conditionné son accord à des mesures qu’il juge suffisantes pour protéger les intérêts nationaux :

Golden Share : L’État s’est attribué une action préférentielle (“golden share”) lui donnant un droit de veto sur toute décision stratégique (transfert de technologie, délocalisation, etc.). 

Maintien de la production en France : La production doit rester en Corrèze, sans délocalisation, et les contrats stratégiques avec les forces armées françaises sont protégés sans limite de durée. 

Modernisation des capacités industrielles : L’investisseur américain s’est engagé à moderniser les sites français, garantissant la pérennité des activités stratégiques. 

2. LMB Aerospace n’est pas considérée comme une entreprise "ultra-stratégique"

Selon la Direction générale de l’armement (DGA) et certains experts, LMB est un sous-traitant important, mais pas un acteur central comme Dassault ou Naval Group. Son savoir-faire, bien que critique, est jugé “de niche” et moins sensible que d’autres technologies (ex. : missiles, systèmes de commandement). 

Contrairement à des cas comme Photonis (vision nocturne) ou Atos (cybersécurité), où l’État a bloqué les ventes, LMB ne fabrique pas des équipements directement classifiés comme "secrets défense" au plus haut niveau.

3. Contexte économique et pression des investisseurs

Le fonds Tikehau Capital, propriétaire de LMB, cherchait à réaliser une opération financière juteuse. Le gouvernement a probablement estimé que les garanties obtenues étaient un compromis acceptable pour éviter un conflit juridique ou une détérioration du climat des affaires. 

LMB réalisait déjà 30 % de son chiffre d’affaires aux États-Unis, ce qui limitait partiellement les risques perçus de dépendance nouvelle. 

4. Procédure légale et cadre européen

La vente a été examinée dans le cadre de la procédure d’autorisation préalable des investissements étrangers (IEF). Le gouvernement a estimé que les conditions imposées respectaient les critères légaux pour protéger la souveraineté, sans justifier un blocage total. 

Bloquer systématiquement les investissements étrangers pourrait exposer la France à des représailles ou des contentieux internationaux, notamment avec des alliés comme les États-Unis.

5. Stratégie d’équilibre entre ouverture et protection

Le gouvernement français cherche à attirer les investissements tout en protégeant ses intérêts stratégiques. Dans ce cas, il a jugé que les garanties obtenues permettaient de concilier ces deux objectifs, même si cette décision reste controversée. 

En résumé : La France a autorisé la vente en misant sur un encadrement strict plutôt que sur un blocage pur et simple, estimant que les risques étaient maîtrisables. Cependant, cette décision continue de diviser, certains y voyant une perte de souveraineté progressive, tandis que le gouvernement insiste sur la rigueur des conditions imposées.

Voici une comparaison des approches adoptées par d’autres pays européens face à des situations similaires de rachat d’entreprises stratégiques par des acteurs étrangers, notamment dans les secteurs de la défense, des technologies et de l’énergie :

1. Allemagne : Un durcissement progressif 

Cas emblématiques :

KUKA (2016) : Rachat par le chinois Midea.

Réaction initiale : L’Allemagne a autorisé la vente, malgré des inquiétudes sur le transfert de technologies robotiques critiques.

Évolution : Ce cas a poussé l’Allemagne à renforcer sa loi sur les investissements étrangers en 2017, puis en 2020, pour mieux protéger les secteurs stratégiques (défense, infrastructures critiques, technologies).

Outils : Désormais, l’Allemagne peut bloquer des rachats si l’acquéreur est non-européen et que la cible opère dans un secteur sensible.

AIXTRON (2016) : Tentative de rachat par le chinois Fujian Grand Chip.

Réaction : Le gouvernement allemand a bloqué la vente sous pression des États-Unis, invoquant des risques pour la sécurité nationale (technologies de semi-conducteurs).

Approche globale :

L’Allemagne a d’abord été perçue comme trop ouverte, mais a durci sa position après plusieurs cas controversés.

Aujourd’hui, elle utilise des critères stricts pour évaluer les rachats, avec une coordination étroite avec l’UE.

2. Italie : Protectionnisme ciblé

Cas emblématiques : 

Pirelli (2015-2017) : Rachat par ChemChina.

Réaction : La vente a été autorisée, mais avec des garanties sur l’emploi et la R&D en Italie.

Critiques : Ce cas a suscité des débats sur la perte de contrôle italien dans un secteur industriel clé, mais sans blocage pur et simple.

STMicroelectronics (2023) : Tentative d’influence chinoise.

Réaction : L’Italie a renforcé ses règles pour protéger les semi-conducteurs, en alignement avec les priorités européennes.

Approche globale :

L’Italie combine autorisations conditionnelles et blocages ciblés, selon la sensibilité du secteur.

Elle utilise aussi des outils comme les “golden shares” (ex. : dans le secteur de l’énergie avec ENI).

3. Espagne : Intervention directe de l’État 

Cas emblématiques :

Hispasat (2019) : Tentative de rachat par des fonds étrangers.

Réaction : L’État espagnol a bloqué la vente, arguant que les satellites de Hispasat sont critiques pour la sécurité nationale.

Outils : L’Espagne a étendu son droit de veto aux secteurs des télécommunications et de l’espace.

Indra (2020) : Rachat partiel envisagé par des acteurs non-européens.

Réaction : Le gouvernement a imposé des limites strictes pour maintenir le contrôle espagnol sur cette entreprise de défense et de technologies.

Approche globale :

L’Espagne adopte une position très protectionniste pour les secteurs liés à la défense et aux infrastructures critiques.

Elle n’hésite pas à intervenir directement pour bloquer ou limiter les rachats.

4. Royaume-Uni : Pragmatisme et souveraineté post-Brexit

Cas emblématiques :

ARM (2016-2020) : Rachat par le japonais SoftBank, puis tentative de revente à NVIDIA (États-Unis).

Réaction : Le Royaume-Uni a d’abord autorisé la vente à SoftBank, mais a bloqué la revente à NVIDIA en 2022, craignant pour la souveraineté technologique (ARM conçoit des puces utilisées dans le monde entier, y compris dans la défense).

Cobham (2019) : Rachat par le fonds américain Advent.

Réaction : Autorisé sous conditions strictes, mais ce cas a renforcé les critiques sur la perte de contrôle britannique dans la défense.

Approche globale :

Le Royaume-Uni est plus ouvert que la France ou l’Allemagne, mais le Brexit a poussé à un renforcement des contrôles sur les secteurs stratégiques.

Les décisions sont prises au cas par cas, avec une attention accrue pour les technologies duales (civiles et militaires).

5. Union européenne : Cadre commun, mais application variable

Règlement européen (2019) : Les États membres doivent coopérer pour examiner les investissements étrangers dans les secteurs stratégiques (défense, énergie, technologies).

Exemples de coordination :

Plusieurs pays (France, Allemagne, Italie) ont bloqué ensemble des tentatives de rachat chinoises dans les semi-conducteurs ou les infrastructures 5G.

La Commission européenne peut émettre des avis, mais le dernier mot revient aux États.

Points clés à retenir :

La France se situe dans une moyenne européenne : elle est plus protectionniste que le Royaume-Uni ou l’Allemagne des années 2010, mais moins que l’Espagne. 

Les outils sont similaires (golden shares, veto, conditions strictes), mais leur application varie selon la sensibilité perçue du secteur.

L’UE joue un rôle croissant dans la coordination, mais au final les États gardent la main sur les décisions finales. 


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